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Elles à l'infini de Lise Vachon, photo de Luc Lavergne
Leurs corps sont jeunes, mais leur mouvement est vieux. Ce n’est pas là un commentaire sur l’habileté technique des seize étudiants de 3e année à L’école de danse contemporaine (formerly known as LADMMI), mais plutôt sur ces chorégraphies qu’ont leur donnent et qui ne leur collent pas à la peau.

Le tout commence avec Elles à l’infini de Lise Vachon, un morceau pour huit danseuses qui se veut « empreint de féminité. » Si quand on dit « féminité » on parle de ce qui est attendu des femmes, alors c’est réussi. C’est délicat (même dans l’athlétisme), c’est doux (même dans la vitesse), et c’est légèrement affecté. Comme sous les capuchons des longs manteaux qui les cachent en début de pièce, elles s’effacent. Malgré leur activité, elles demeurent de belles choses à regarder et, heureusement, elles ne font pas trop de bruit. Leurs costumes sont beiges et la pièce aussi est très beige.

Changement de costume : toutes échangent le beige pour une robe noire. Elles bougent au son de Jane Birkin et Serge Gainsbourg, le balancement de leurs bras devenant irrépressible, les projetant dans les airs. Est-ce vraiment un commentaire sur ce à quoi on s’attend des femmes? J’en doute. Trop peu de mordant et la récompense finale est trop peu, point.

Dans les cinq premières minutes de Duet, la chorégraphe Sasha Ivanochko offre déjà à ses danseuses des rôles plus variés. Elles sont faibles et fortes, douces et violentes, amoureuses et haineuses. Et Ivanochko demande aux huit danseurs d’être sexuels devant leurs parents et amis, alors ça l’a déjà un peu plus de mordant.

Toutefois, les astuces pour aborder la relation de couple demeurent souvent trop théâtrales et littérales. Le mouvement d’une femme contrôle celui d’une autre comme si cette dernière était une marionnette. Dans une autre scène, au lieu d’un pompon, une longue corde de tissus s’étend d’une tuque de l’une et s’enroule autour du cou d’une autre. Celle à la tuque essaie tant bien que mal de toucher aux étoiles, alors que la corde qui la retient à l’autre la maintient au sol et celle-ci s’en trouve étranglée. En terme de métaphores, on aurait pu faire mieux. Le tout se termine avec un baiser, lui aussi littéral, une gaffe que le chorégraphe Pierre Lecours avait aussi commise la semaine dernière avec sa pièce pour les étudiants de 2e année. Lecours a par la suite retiré le baiser. En espérant qu’Ivanochko en fasse de même.

Partition, la pièce de Marc Boivin pour seize danseurs, est la plus vieillotte des trois. Les mouvements individuels des danseurs semblent vides et démontrent peu de fluidité, comme si leur séquence fut arbitraire. Boivin parvient toutefois à créer une atmosphère dans la section au sol, méditative dans sa lenteur.

À titre de comparaison, la semaine dernière la chorégraphe Chanti Wadge, en s’intéressant aux étudiants de 2e année et à ce qui les fait bouger, avait réussi à créer une pièce qui était plus près d’eux. On aurait encore eu besoin d’elle cette semaine.

Cru d’automne 2011
14-17 décembre à 19h30
Théâtre Rouge – Conservatoire d’art dramatique de Montréal
www.ladmmi.com / www.admission.com
514.873.4031 poste 313 / 1.855.790.1245
Billets : 17$ / Étudiants : 10$

 
 
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Tarek Halaby, Miguel Gutierrez & Michelle Boulée in Last Meadow, photo by Ian Douglas
Last week, I was comparing Cindy Van Acker’s choreography to graphic design. This week, I couldn’t help but view Miguel Gutierrez’s Last Meadow through the lens of video art. It probably helps that, for this show, the New York choreographer is making extensive use of one of American cinema’s most iconic figures, James Dean.

It is as if Gutierrez had taken images from East of Eden, Rebel Without a Cause, and Giant, and reedited them using video to deconstruct them. After emptying them of much of the narrative by using repetition and distorting the dialogue, he reconstructs the moving images with an emphasis on gestures, making them tip over into dance. The process also becomes about deconstructing the myth of America itself.

While the performance is obviously a live one, Gutierrez predominantly uses coloured lighting (blue, red, purple, green, orange, pink) to flatten it into an image. It is as though he had dipped strips of films into dye to prevent any desire the viewer might have to see their image as realistic and to instead emphasize their cinematicness, their true nature as light filters and shapers.

By taking these straightforward narratives and turning them into an experimental work, Gutierrez evidently obscures their meaning and makes Last Meadow more opaque, more difficult to penetrate. This is not a bad thing. As a recent viewing of Rebel Without a Cause reminded me, while the film deserves its status as a classic, it also suffers from the same faults as many other 1950s films. That is to say that it capitalizes excessively on dialogue, the characters making abundantly clear every single one of the psychological motivations for their behaviour. While they are tormented souls, there is no mystery clouding their characters. As a result, they are prevented from ever becoming full-fledged individuals and instead emerge as the mere result of causal relationships, the fatalistic product of their environment. However, in the absence of a clear narrative, nothing is so simple in Last Meadow.

There is one more significant way in which Gutierrez tempers with his source of inspiration. While James Dean’s ambiguous sexuality has also made him a gay icon (no doubt helped by Sal Mineo’s character’s obvious crush on the star in Rebel), Gutierrez goes one step further in queering him. The role of Dean is played by Michelle Boulé, an Asian woman who won a Bessie Award for her performance. In turn, the role of Dean’s female lover is played by Tarek Halaby, a tall bearded man. As far as dance goes, he’s the one standing out, with his long straight legs that propel him into the air. For Gutierrez, who completes the love triangle in a Sal-Mineo-type character, they are not performing drag as much as acting like children playing dress up.

As the three dancers perform a series of arbitrarily codified movements of their own making while taking off their clothes, Lost Meadow suddenly gains a feeling of freedom. The weight of the past, with the endless repetition of memories, is finally lifted… just as it persists as haunting echoes. Ultimately, Last Meadow proves to be a most rewarding experience.

Last Meadow
June 9 & 10 at 8pm; June 11 at 4pm
Conservatoire d’art dramatique – Théâtre Rouge
www.fta.qc.ca
514.844.3822
Tickets: 32$ / Under 31 & over 64 years old: 26$